Aller directement au contenu
Expert photovoltaiquePhotovoltaïque et énergie solaire

Tracker solaire 1 axe ou 2 axes : fonctionnement, gains et installation

Tracker solaire 1 axe ou 2 axes : fonctionnement, gains et installation

Un tracker solaire, ou suiveur solaire, oriente une installation photovoltaïque face au soleil du matin au soir : sur un axe, ce système produit environ 25 à 30 % d'énergie solaire de plus qu'un montage fixe, et sur deux axes de 35 à 40 %, selon l'ensoleillement et la qualité du suivi photovoltaïque.

Tracker solaire 1 axe
Suit la trajectoire du soleil d'est en ouest, gain de production de l'ordre de 25 à 30 % sur une installation fixe.
Tracker solaire 2 axes
Ajoute l'inclinaison saisonnière, gain de 35 à 40 %, mécanique plus lourde et maintenance plus suivie.
Pour qui
Un terrain dégagé, sans ombre, et une électricité consommée en journée : sinon le surplus part au réseau à faible valeur.

Comment fonctionne un tracker solaire au fil de la journée ?

Un tracker solaire est une structure motorisée qui fait pivoter les panneaux pour garder leur surface perpendiculaire au rayonnement solaire. Le principe est celui du tournesol : le matin, les panneaux sont tournés vers l'est, à midi vers le sud, le soir vers l'ouest. Une installation fixe, elle, ne reçoit le soleil de face qu'une à deux heures par jour ; le reste du temps, la lumière arrive en biais et une partie est réfléchie au lieu d'être captée.

Deux méthodes servent à suivre la course du soleil. La première est astronomique : un petit automate calcule la position du soleil (azimut et hauteur) à partir de la date, de l'heure et de la latitude du site, puis commande le moteur. La seconde est optique : des capteurs de luminosité comparent l'éclairement de chaque côté et le dispositif tourne vers le côté le plus lumineux. Les modèles récents combinent les deux, car le capteur seul se trompe par ciel voilé.

Le moteur d'entraînement, souvent un motoréducteur à vis sans fin alimenté en 24 V, ne consomme qu'une faible part de l'électricité produite. En fin de journée, le système se remet en position est pour attendre le lever du soleil. Par vent fort, un anémomètre commande la mise en sécurité : les panneaux passent à plat pour offrir le moins de prise possible. Ce fonctionnement explique pourquoi le tracker solaire se pose presque toujours au sol, sur un mât ou un châssis dédié, et rarement sur une toiture.

Tracker 1 axe, tracker 2 axes : quelle différence sur le rendement ?

Un tracker 1 axe fait tourner les panneaux autour d'un seul axe, en général orienté nord-sud, pour suivre le soleil d'est en ouest ; l'inclinaison reste fixe. Un tracker 2 axes ajoute un second mouvement qui règle l'inclinaison des panneaux selon la hauteur du soleil, basse en hiver et haute en été. Le second axe va chercher les derniers points de rendement, surtout en hiver et en demi-saison.

CritèreInstallation fixeTracker 1 axeTracker 2 axes
MouvementAucun, orientation et inclinaison figéesEst-ouestEst-ouest et hauteur du soleil
Gain de production annoncéRéférenceEnviron 25 à 30 %Environ 35 à 40 %
Pièces en mouvementAucuneUn moteur, un pivotDeux moteurs, couronne d'orientation
Emprise au solFaibleRangées espacéesGrand espace autour du mât
Usage courantToiture de maisonCentrales au solParticulier avec terrain, sites isolés

Ces gains sont des moyennes annuelles avancées par les fabricants et les bureaux d'études ; ils varient avec la latitude et la part de rayonnement diffus. Par temps couvert, la lumière arrive de tout le ciel et l'orientation compte peu : un tracker gagne beaucoup en été dans le sud, nettement moins sous un ciel souvent gris. L'hiver, la journée est courte et le soleil bas ; le suivi limite les pertes, comme l'explique notre analyse du rendement d'un panneau en hiver.

Pour estimer le gain d'un système suiveur solaire avant tout achat, l'outil européen PVGIS permet de simuler gratuitement la production photovoltaïque d'un projet fixe, puis d'un tracker 1 axe ou 2 axes, pour une adresse donnée. Le rapport entre les deux chiffres donne une idée réaliste du supplément d'énergie solaire à attendre dans sa région : il est plus élevé en Provence ou dans les Alpes du Sud, où le rayonnement direct domine, qu'en zone littorale souvent nuageuse. Cette estimation est également utile pour juger un devis : un vendeur qui annonce un gain très supérieur à la simulation mérite une question précise sur sa méthode de calcul.

Les avantages du tracker et ses limites

Le premier avantage du tracker est de maximiser la production sur une surface donnée : à nombre de panneaux égal, l'installation produit davantage, et surtout plus tôt le matin et plus tard le soir. La courbe de production devient un plateau au lieu d'une cloche centrée sur midi. Ce lissage compte pour l'autoconsommation, car les besoins d'une maison (cuisson, eau chaude sanitaire, appareils en programmation) ne se concentrent pas entre 12 h et 14 h.

  • Production supérieure par panneau, donc moins de modules pour le même besoin.
  • Production étalée sur la journée, mieux absorbée sans batterie.
  • Panneaux nettoyés plus facilement : la mise à plat ou la position verticale facilite le lavage et le glissement de la neige.
  • Installation au sol qui laisse la toiture intacte et évite les travaux de couverture.

Les limites sont mécaniques et pratiques. Un tracker solaire comporte un moteur, des roulements, des capteurs et une électronique de commande exposés aux intempéries : chaque pièce peut tomber en panne, alors qu'une structure fixe n'a rien à réparer. Le mât demande une fondation en béton dimensionnée pour le vent, et l'espace autour doit rester libre pour éviter l'ombre portée d'une rangée sur l'autre. Enfin, un tracker en panne bloqué vers l'est produit parfois moins qu'une installation fixe bien orientée.

Quel est le prix d'un tracker solaire et de quoi dépend-il ?

Le prix d'un tracker solaire dépend d'abord du nombre d'axes, de la surface de panneaux portée et de la qualité de la mécanique ; un devis gratuit reste le seul moyen d'obtenir un montant réel. À puissance égale, un tracker revient nettement plus cher qu'une installation fixe sur toiture ou sur châssis au sol, parce qu'il ajoute un mât, une fondation, un ou deux moteurs et une commande électronique.

Plusieurs postes font varier le montant :

  • le type de suivi : 1 axe, budget modéré ; 2 axes, budget plus élevé ;
  • la surface portée, de quelques panneaux à un champ de 15 à 30 m² sur un seul mât ;
  • la nature du sol et la fondation (terrain rocheux, remblai, accès d'engin) ;
  • la distance entre le tracker et le tableau électrique, qui fixe la longueur de câble en courant continu ou alternatif ;
  • la pose par un professionnel ou le montage d'un kit solaire par le particulier.

Les kits vendus en ligne, parfois associés à une station de stockage portative de marque EcoFlow ou similaire, affichent un prix d'appel bas mais laissent au client la fondation, le raccordement et la mise en service. Les grands distributeurs comme Solar Direct publient des fiches techniques détaillées utiles pour comparer la charge admise et la résistance au vent. La baisse de prix des panneaux depuis plusieurs années a réduit l'intérêt économique du tracker : ajouter quelques modules fixes coûte souvent moins que de faire tourner ceux qu'on a déjà.

Rentabilité : quand le tracker solaire vaut-il le surcoût ?

La rentabilité d'un tracker solaire se juge en comparant le surcoût de la structure au supplément d'électricité réellement utilisé, et non au supplément produit. Un kWh consommé sur place remplace un kWh acheté au fournisseur ; un kWh injecté au réseau est payé bien moins cher. C'est tout l'enjeu du taux d'autoconsommation et de sa rentabilité : produire 30 % de plus à midi, quand la maison est vide, n'enrichit guère le foyer.

Le tracker devient pertinent dans trois situations. D'abord quand la toiture est mal orientée, ombragée ou trop petite et qu'un terrain bien exposé est disponible. Ensuite quand la consommation se répartit sur toute la journée : télétravail, pompe de piscine, recharge d'un véhicule, chauffe-eau piloté. Enfin sur un site isolé, sans raccordement, où chaque kWh évite de faire tourner un groupe électrogène ou de surdimensionner la batterie.

À l'inverse, pour une maison raccordée qui consomme surtout le soir, une installation fixe un peu plus grande, éventuellement orientée est-ouest, donne souvent un résultat proche pour une dépense moindre et sans maintenance. Les grandes centrales au sol utilisent les trackers 1 axe parce que l'échelle dilue le coût de la mécanique, comme on le voit sur une centrale photovoltaïque au sol de plusieurs hectares.

Tracker solaire thermique, agricole ou d'exploitation : d'autres usages du suivi

Le tracker solaire thermique applique le même principe à des capteurs qui produisent de la chaleur au lieu d'électricité. Grâce au suivi, un capteur solaire à concentration (miroirs paraboliques ou cylindro-paraboliques) garde le foyer sur son récepteur et atteint des températures utiles à l'industrie ou aux réseaux de chaleur. Pour l'eau chaude sanitaire d'une maison, en revanche, des capteurs plans fixes suffisent : le suivi n'apporte pas assez pour justifier sa mécanique.

Le monde agricole utilise également des trackers photovoltaïques montés en hauteur au-dessus des cultures ou des prairies. Les panneaux pivotent pour capter l'énergie solaire quand la plante n'en a pas besoin et s'effacent pour lui laisser la lumière ou la protéger d'un épisode de grêle. Ces réalisations, nombreuses en Provence et dans le Sud-Ouest, relèvent de l'agrivoltaïsme encadré par la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables. Une exploitation qui envisage ce type de projet doit associer un bureau d'études agronomique et une entreprise spécialisée dès la conception, car le dimensionnement des rangées conditionne à la fois la récolte et la production d'électricité solaire.

Comment installer un tracker solaire chez soi ?

Installer un tracker solaire commence par le choix de l'emplacement : un terrain plat ou faiblement pentu, dégagé au sud, à l'est et à l'ouest, sans arbre ni bâtiment qui projette une ombre aux heures basses. L'ombrage, même partiel, annule une bonne partie du gain du suivi. Il faut aussi garder une distance suffisante avec les limites de propriété, car la structure en mouvement peut atteindre plusieurs mètres de hauteur.

La mise en place suit plusieurs étapes :

  1. vérification des règles d'urbanisme en mairie (une installation au sol de plus de 1,80 m de hauteur ou de plus de 3 kWc relève en général d'une déclaration préalable, à confirmer avec le PLU) ;
  2. étude de sol et coulage du massif de fondation, avec les tiges d'ancrage du mât ;
  3. montage du mât, du pivot et du châssis, puis fixation des panneaux ;
  4. pose du moteur, de l'anémomètre et du boîtier de commande ;
  5. câblage jusqu'à l'onduleur et au tableau, protections électriques et mise à la terre ;
  6. déclaration de raccordement au gestionnaire de réseau si l'électricité est injectée.

Un kit solaire avec tracker se monte par un particulier bricoleur, mais la partie électrique doit respecter la norme NF C 15-100 et le guide UTE C 15-712. Faire appel à un installateur titulaire d'une qualification reconnue (QualiPV, par exemple) reste la voie la plus sûre, et c'est souvent une condition pour accéder aux dispositifs de soutien. Un tracker installé de façon approximative, avec un massif sous-dimensionné, peut basculer lors d'une tempête : la solution la plus rentable à long terme est rarement le kit le moins cher.

Les travaux de terrassement et de tranchée pour le câble représentent une part notable du chantier ; mieux vaut les prévoir à propos de toute autre réalisation extérieure (allée, clôture, abri) pour éviter de rouvrir le terrain. Si le permis de construire de la maison est en cours, intégrer le tracker au même dossier évite une démarche séparée.

Quelles aides de l'État pour un tracker solaire ?

Les aides de l'État au photovoltaïque visent l'installation de production, pas le tracker en tant que tel. La prime à l'autoconsommation a été supprimée pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026 : un projet récent ne peut plus compter dessus. L'obligation d'achat du surplus par EDF OA reste le principal soutien pour une installation raccordée, avec un contrat sur vingt ans et des conditions qui changent régulièrement.

Ces dispositifs concernent les installations sur bâtiment pour les petites puissances ; une installation au sol, cas habituel d'un tracker, n'y donne pas toujours droit dans les mêmes conditions. Avant de signer, il faut donc demander à l'installateur à quel cadre le projet se rattache et le vérifier sur les pages officielles. Le tracker solaire thermique, qui oriente des capteurs pour produire de la chaleur, relève d'autres dispositifs que le photovoltaïque. À la revente d'une maison, une installation en bon état et documentée pèse dans la valeur du bien, comme le montre l'étude de la revente d'une maison équipée de panneaux.

Optimiser le rendement d'un tracker solaire dans la durée

Optimiser le rendement d'un tracker solaire passe d'abord par le réglage du suivi : un algorithme astronomique bien paramétré (latitude, longitude, heure exacte) évite les dérives que provoque un capteur encrassé. La précision du positionnement compte moins qu'on le croit, car un écart de quelques degrés ne coûte qu'une très faible part de la production.

L'entretien d'un tracker comprend un contrôle annuel des pièces en mouvement : graissage du pivot et de la vis sans fin, serrage de la boulonnerie, vérification des câbles soumis à la torsion à chaque rotation, test de la mise en sécurité au vent. Le nettoyage des panneaux se fait à l'eau claire, sans produit abrasif. Un suivi de production, même simple, permet de repérer un tracker bloqué : une courbe qui redevient une cloche signale que le système ne tourne plus.

Un système de monitoring photovoltaïque relié au boîtier de commande envoie une alerte dès que la position réelle s'écarte de la position calculée, ce qui nécessite peu de réglages et protège l'autoconsommation solaire au quotidien. Cet article ne peut pas trancher pour chaque cas : un tracker solaire reste une solution énergétique pertinente quand la consommation suit la journée et que l'énergie produite ne part pas au réseau.

La durée de vie des panneaux dépasse souvent 25 ans ; celle de la mécanique dépend de la qualité du matériel et du climat (sel en bord de mer, gel, rafales). Prévoir le remplacement du moteur ou de l'électronique au cours de la vie de l'installation fait partie du calcul de rentabilité.

Tracker solaire : les points qui reviennent avant un achat

Un tracker solaire peut-il se poser sur un toit ?

Un tracker solaire se pose très rarement sur un toit : le poids, la prise au vent et les efforts de rotation imposent une fondation au sol. Sur une toiture, l'orientation et l'inclinaison fixes restent la règle.

Combien de panneaux porte un tracker ?

Un tracker pour particulier porte de quelques panneaux à une surface de 15 à 30 m², soit le plus souvent entre 4 et une quinzaine de modules selon leur format et la charge admise par le mât.

Le tracker solaire fonctionne-t-il sans électricité du réseau ?

Oui pour la plupart des modèles : le moteur est alimenté par une partie de la production des panneaux ou par une petite batterie dédiée, ce qui permet un usage en site isolé.

Le tracker est-il bruyant ?

Le tracker solaire tourne par petits pas tout au long de la journée et le motoréducteur reste discret ; le bruit se limite à un léger ronronnement lors de chaque mouvement.

Le sommaire de la rubrique (4 articles)

↑